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2.1. Avril*.
244 HISTOIRE DU CONCILE
quelìne pour épouser son Cousin germain, l’alla trouver 8c lui parlaen ces termes : St. Pere , pourquoi sommes-nous à Confiance ? P.our ré-former P Eglise , dit le Pape. On ne le dìroit pas , repartit l’Ëmpereur,puis que vous avez permis le Mariage de deux Confins germains. Vouspouvez bien pardonner les péchez , mais non pas les permettre. Les re-proches de PEmpereur me paroissent pourtant assez mal fondez, puisqu’il obligea lui-même le Pape à permettre qu’un Sousdiacre se ma-riât, & qu’il épousât la Mere de sa Filleule, ce qui étoit regardécomme un péché par l’Empereur lui-même. II eût été mieux tondeà reprocher au Pape d’avoir pris vint mille écus pour cette dispense,puis que c’étoit Simonie toute pure. Cette derniere particularité estde Windek. fiean de Bavière ayant ainsi renoncé à son Evêché, Mar-tin V. lui donna pour Succeslèur Jean de Wallenrod Archevêque deRiga, puis Evêque de Coire , dont on a souvent parlé dans cette His-toire. Ce Prélat partit de Constance le 18. de Juillet pour se rendreà son. Evêché. Bzovius en a fait un grand éloge. Depuis le commen-cement de son Episcopat ,dit-il, jusqu’à la fin de sa vie,il eut si bon-ne conduite, à l’égard du spirituel, & du temporel, qu’on peut lé-gitimement le mettre en parallèle avec les anciens fondateurs de l’E-glise de Liège. Non seulement il contenoit le Clergé dans son devoir,mais il faifoit lui-même les fonctions, que ses Prédécesseurs faisoientfaire par leurs suffragants. II faifoit lui-même les tonsures Clérica-les, adminiílroit le Sacrement de Confirmation, ordonnoit les Prê-tres, Lc il étoit si assidu au Service Divin, qu’on ne le voyoit jamaisfaire faire par un autre les Prières, & les Sacrifices. 11 n’étoit pasmoins exact dans l’adminiílration de la Justice civile. II ne donnoitjamais les Charges publiques qu’au mérite, fans être touché des priè-res, ni corrompu par argent. Et pour empêcher qu’il ne se glissâtdes abus dans la Justice, il sc trouvoit quelquefois lui même au Bar-reau, & y présidoit, pour apprendre par son exemple aux Juges à ne
faire aucune acception de personne.II restitua à la Víl-
le les Privilèges que Jean de Bavière lui avoir ôtez , Ôt la déchar-gea de quantité d’Impôts. Je ne veux pas contester à Bzovius leséloges qu’il donne à ce Prélat. II pouvoir avoir d’ailleurs beaucoupde mérite, & de vertus pastorales, mais il est certain qu’il entra”danscette Dignité par une fort mauvaise voie, puis que ce fut la récom-pense d’une espèce de trahison. Les Cardinaux la lui avoient offerte,comme on l’a déja vû, à condition qu’il se détacherait de l'Empe-reur, & des Allemands qui vouloient qu’on reformât l’Eglisc avantque d’élire un Pape. II se laissa gagner par cette promesse, & entraî-na tout le reste de la Nation Allemande, au grand préjudice du Con-N cile, & de la Réformation deTEglise. •
LXXlT. C’es t ici la quaiflhte-cinquiéme, & la dernière Session.L'Empereur y étoit présent. Après la Messe du St. Esprit, qui suc
celé-