DU CONCILE DE CONSTANCE 7
Théologiens de France » l’Histoire qu’ils écriroient de ce Concile,ne feroit pas moins suspecte à ceujç, qui n’en ont pas la même idée.
Voilà déja une infinité de gens suspects dans le sein même de l’E-glise Romaine. Peut-être les Théologiens d’Italie, Sc ceux qui fontdans leurs sentimens seroient - ils plus propres à nous donner uneHistoire du Concile de Constance ? Mais y auroit-il de la fureté às’en raporter à des gens manifestement révoltez contre l’autorité dece Concile ? On fait que les Conciles de Florence Sc de Latran, qui,à proprement parler, étoient les Conciles des Papes,ont fait des dé-cisions toutes contraires aux principales décisions des Conciles deConstance 8c de Baie, Sc qu’on apprebendoit mortellement au Con-cile de Trente que les Décréts de ces deux derniers Conciles fur lasupériorité des Conciles par dessus les Papes , n’y fuslènt renouvel-iez. Un certain Richard de Verceil ayant parlé du Concile de Bâlecomme d’un Concile Général , Jerome Guerìn Evêque d’Imola le Paoh Msi.censura de fa témérité de donner le nom de Concile Général à um^OE^ à*Concile fchifmatique, fur tout après que l'on avoit repris tant de 54 g. '
fois ceux qui l’avoient allégué. Et le Général des Servi tes, Jean Bap-tiste d'Ast) n’auroit pas exalté impunément le Concile de Constance fardessus tous les autres Conciles Généraux , si l'on eût trouvé de la sûretéà remuer cette affaire. Ce font des faits rapportez par Fra Paolo,confirmez par Mr. le Docteur Dupin, Lc mal réfutez par Pallavicin, Pallav. msi,qui en pastànt accuse le Concile de Bâle de révolté envers le Pape, Conc - L -«conteste son autorité. Personne n’ignore non plus les grands efforts xvau c.411.qu’ Emmanuel Schelstrate , Chanoine d’Anvers Lc Sous-Bibliothécairedu Vatican, fit dans le Siecle passé pour rendre suspecte l’autoritédes Conciles de Constance Lc de Bâle. On peut comprendre par làqu’une Histoire du Concile de Constance écrite par les Théologiensd’Italie, Lc par les partisans des Papes Lc de leurs Conciles ne pour-rait qu’être extremcment suspecte à la plus grande partie du MondeChrétien. Reste que cette commission soit donnée aux Révérends-Pères Jésuites, qui constamment ont dans leur Compagnie de très-grands hommes, capables des plus hautes entreprises , à plus forteraison d’écrire l’Histoire d’un Concile, Lc qui d’ailleurs ont tous lessecours extérieurs pour bien réussir dans cette entreprise. A u moins,dira-1-on, auroit-il été mieux d’attendrc à écrire cette Histoire,,que le Pere Hardomn nous eût donné l’Edition des Conciles, qu’ondit qu’il prepare depuis long-temps. On eût fans doute trouvé desActes plus authentiques , que ne l’est la collection des Actes de ceConcile tirez des Manuscrits de presque toute l’Europe, mais faitemalheureusement par un homme, qui selon toute apparence, n’estpas moins révolté contre l’autorité de tous les Conciles, que l’Au-teur de l’Histoire. Cela peut être5 Cependant je ne fai si le Publicsoupçonneux ne se feroit pas encore plus défié d’une Histoire du Con-cile de Constance de la façon des Jésuites, que de celle de tout au-tre