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Tome second.
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« APOLOGIE DE L’HISTOIRE

trc Auteur. J’ignore par quelle fatalité il arrive que, malgré leurréputation, leur crédit, & même leur mérite, tout ce qui vient deleur part, est devenu íufpect à tout le monde, excepté à leurs a-mis. 11 ne faut fans doute l’imputer qu’aux préjugez & à la malicehumaine, mais de quelque côté que je me tourne, je vois de tou-tes parts s’élever des ombrages St des soupçons contre une Histoiredu Concile de Constance, écrite d’une main Jésuitique. II y a mê-me des gens , qui soutiennent, qu’ils ne fauroient écrite aucuneHistoire qui ne soit suspecte, parce qu’ils ont rendu suspectes touteslés sources de l’Histoire, Sc que les Anciens Conciles eux-mêmes ne 'sont pas à l’abri des atteintes que quelques - uns des leurs ont vouludonner à l’autorité de ce qu’il y a eu jusqu’ici de mieux autorisédans l’antiquité, pour ne conserver d’autorité qu’aux Décretales desPapes. Je n’ai garde d’adopter une pensée aussi injurieuse â un Or-dre si vénérable, Sc je me renfermerai dans les réflexions que le Pu-blic pourroit faire fur une Histoire du Concile de Constance procuréepar les soins de la Société. On ne manqueroit point de dire que lesJésuites étant, généralement parlant, fort attachez au Siégé de Rome,Sc par cela même en 'opposition aux Libertez de l’Eglise Gallicane,une Histoire du Concile de Constance de leur plume ferost fort sus-feíle. On fait assez l’embarras où se trouvèrent les Jésuites lorsque lePere Maimbourg fe déclara pour l’Eglise de France, contre les pré-Ditp'm.Bìtt. Ecc. tensions des Papes. Innocent XI. en fut si mécontent, qu’il fallutT.zvm.p.% 1 %. q lie ce p ere quittât la Société pour la tirer d’affaire. Mais pourprouver que les Jésuites ne feroient pas jugez fort propres à écrirel’Histoire du Concile de Constance , il ne faut que voir les défaitesBellarm Je Con- de Bellarmin pour éluder les décisions de ce Concile, touchant lac./r.L-i/.i 8. supériorité des Conciles Oecuméniques par deflus les Papes. Oùtrouverons-nous donc un Historien du Concile de Constance, qui nepuisse être suspect à personne ? Tout mûrement pesé, il semble queles moins suspects dans cette affaire devroient être, ceux qui, com-me les Protestants, ne sont ni ennemis, ni esclaves de l’autorité desConciles.

Mais pour ramener la chose à son véritable point, de quelquemain que me vînt une Histoire, je ne voudrois ni la soupçonner, niencore moins la rendre suspecte,fur tout si j’étois Journaliste. Com-me il y a certaines matières où tout le monde est si intéressé qu’il estimpossible de trouver personne qui n’ait déja pris quelque parti , ilfaudroit renoncer à l’esperance d’avoir jamais une Histoire fídelle,de ce qui s’est passé dans la discussion de ces matières & faire d’abordmain basse fur tout Historien qui se mettroit sur les rangs, parcequ’il feroit regardé comme un Historien suspect. Au fond il ne s’a-git point de savoir si l’Historien est Protestant, ou s’il est d’une au-tre Communion, s’il soutient les Libertez de l’Eglise Gallicane, ouL'ál est dévoué au Siégé de Rome , s’il est révolté contre l’autorité

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