1254 Memoires pour ſervir
Jui, faite put reuſſir, meme en Faiſant quelque
choſe de plus que ce que j'ai propoſò; car votreſervſce& votre reputation en recebrotent unrr fgrand avantage,&. les Eſpagnol- payeroteutLien cher la vanitè de faire quelque choſe pourMonſieunle Prince„lequel comme je mande d Mr.le Tellier; obtiendroit avec le tens„ ſanæ que vousen reriraſſieæ rien, dis Roi d Eſpagne ce qu on luidonneroit en preſent,% ſe conduiſoit bien; Q-vous ſervoit filelement ètant retourus en Fran-ce.
Je reviens au portrait du Cardinal,& pour fi-
nir je remarquetai deux ou trois choſes qui en
font les principaux traits. Jai dit qu'il étoit
l'homme du monde le plus artificieux,& perſon-ne que je croi ne me conteſtera cette verité. IIavoit fait ſon aprentiſlage à Rome, ou le cœurdement toũjouts le vilage, dit un Auteur;& ilavoit ſi bien mis à profit ſon tems, qu à certainscgards il avoit ſurpaſſè ſes Maltres; mais apres touton peut dite qu'il n avoit pas pouſſè l'art politi-que de diſſimuler juſques ou il pouvoit aller, oupłütòt qu'il Layoit outrè à force d' Etude& dlapli-cation& qu' ainſi il ne le poſſedoit que tres. de-fectueuſement. La perfection de la politique ceſtde cacher la diſſimulation& I'artifice ſous les a-parences de la bonne foi la plus franche& de l'ou-verture de cœur la plus ingenuẽ,& c'eſt ce qu'ilignoroit entierement. Son viſage, ſes actions,ſes paroles tout étoit enigme en lui,& il etoit ſi
bien accontumè à ſe contre faite& à ruſer, qu'il
le faiſoir tolijours juſques dans les betites choſes.
Il ſembloit qu'il affectat ce caractere, de ſorte
qu'il toit devenu ſi ſuſpect à tout le monde, queperſonne ne ſe ſſoit en luf& qu'on ne eroyoitrien de ce qu il diſoit, quand meme il auroit ditles plus grandes veritez. C'étoit la ſon de faut,& l eudtoit qui lui a oit attire le plus dennemis,5 f eg