)8 ÉLOGE
le genre humain , comme elle a mûrile genre humain pour lui. Je nem'arrête point sur son éducation (d).
( d ) Descartes étoit né avec une complexion très-foible ; & les Médecins ne manquèrent pas de direqu’il mourroit très-jeune : cependant il les trompaau moins d’une quarantaine d’années. Ayant perdu samere presque en naissant, il fut très-redevable aux;soms d’une nourrice qui suppléa à la nature par tousles soins de la tendresse. Descartes en fut très-recon-noissant. Il lui fit une pension viagère qui lui futpayée exactement jusqidà la mort ; &. comme il n’ëtoitpas de ceux qui croient que l’argent acquitte tout »il joignoit encore à ces bienfaits les devoirs &: ratta-chement d’un fils. Son père ne voulut point fatiguerdes organes encore foibles par des études prématu-rées ; il lui donna le temps de croître &de se fortifier.Mais l’esprit de Descartes alloit au devant des ins-tructions. II n’avoit pas encore huit ans, & déja on.I'appelloit le Philosophe. II demandoit les causes &les effets de tout, & savoir ne pas entendre ce quine signifioit rien. En 1604, il fut mis au College dala Fléché. Son imagination vive & ardente fut Japremiers faculté de son ame qui se déploya. II cultivaîa poésie avec transport. 11 créoìt des images enattendant qii’iî put créer des idées. Cette progressionest dans la nature, & on I’a remarquée dans lesNations comme dans les hommes. Ce goût de lapoésie lui demeura toujours, & peu de temps avantsa mort il fit des vers sranqois à la Cour de Suede*