DE D E S C A R T E S. $<?
Dès qull s'agìt des âmes extraordi-naires j il n J en faut point parler. Il y
C’est une ressemblance qu'il eut avec Platon, & queLeibnitz eut avec lui. U airaoit aussi beaucoup l’His-toire, Sc passoit les jours & les nuits à lire ; maiscette passion ne devait pas durer long-temps. On aune première avidité qu’on se hâte de satisfaire ; onveut connoître tous les faits, toutes les opinions,tout ce qu'on a su , tout ce qu'on a dit avant nous.Bientôt on se dégoûte, on laisse là les Livres, onrevient sur soi-même , & on n’étudie plus que lanature : telle a été la marche de Descartes. II étoitencore à la Fléché en 1610, lorsque le cœur du plusgrand, St du meilleur des Rois , assassiné dans Paris »y fut porté pour être déposé dans la Chapelle desJésuites. II fut témoin de cette pompe cruelle, Scnommé parmi les vingt-quatre Gentishommes qui allè-rent au devant de ce triste dépôt. II étudíoit alors enphilosophie. II y fit des progrès qui annoncèrent songénie ; car au lieu Rapprendre, il doutoit. L.a logiquede ses Maîtres lui parut chargée d'une foule de pré*ceptes ou inutiles, ou dangereux ; il s’occupoit à I’enséparer, comme le Statuaire , dit-il lui-me me, travailleà tirer une Minerve d y un bloc de marbre qui est informe »Leur métaphysique le révoltait par la barbarie des.mots Sc le vaìde des idées ; leur physique, par l’obscu-rité du jargon, Sc par la fureur d’expliquer tout ce,qu'elle n'expliquait pas. Les mathématiques seules le.satisfirent ; il y trouva l’évidence qu’il cherchoit par-tout. Il s’y livra en homme qui avoit besoin de con-noître. Q uelí h ies Auteurs prétendent qu’il inventa,