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Eloge de René Descartes : discours qui a remporté le Prix de l'Académie Françoise en 1765 / par Thomas
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où désormais la vérité peut en-trer (m).

[m) C’est un spectacle aussi curieux que philosophique, de suivre toute la marche de I’esprit de Dés-ertés, & de voir tous les degrés par où il passa pourparvenir à changer la face des Sciences. Heureuse-ment, en nous donnant ses découvertes , il nous aindiqué la route qui l’y avoir mené. 11 seroit à souhai-ter que tous les Inventeurs eussent fait de même ;mais la plupart nous ont caché leur marche, & nousn’avons que le résultat de leurs travaux. II semblequ'ils aient craint ou de trop instruire les hommes,ou de s’humilier à leurs yeux, en se montrant eux-mèmes luttant contre les difficultés. Qiioiqu’il*en soit,voici la marche de Descartes. Dès l’âge de quinze ans,H commença î douter. II ne trouvoit dans les leçonsde ses Maîtres que des opinions ; Sc il cherchoit desvérités. Ce qui le frappoit le plus , c’est qu’il voyoitqu'on disputoit sur tout. A dix-sept ans, ayant finises études , il s’examina sur ce qu’il avoit appris : ilrougit de hù-même ; St puisqu’il avoit eu les plus ha-biles Maîtres » il conclut que les hommes ne savoientrien; St qu’apparemment ils ne pouvoiení rien savoirs11 renonça pour jamais aux Sciences. A dix-neuf, ilse mit à I’étude des Mathématiques qu’il avoit tou-jours aimées., A vingt - un , il se mit à voyagerpour étudier les hommes. En voyant chez tous lespeuples mille choses extravagantes & fort approuvées,ii apprenoit, djt-il, à se défier de P esprit humain , ôtL ne point regarder l’exemple , la coutume St P opinioncomme des autorités» A vingt-trois, se trouvant dans