7 6 Éloge
remplit son ame. Dieu ,le genre humain, voilà
la nature ,quels vont
" assiégeront sans cesse. Ici, comme tout le monde,» excepté moi , est occupé au commerce , il ne» tient qu*à moi de vivre inconnu à tout le monde,?» Je me promens tous les jours à travers un peu*,1 pie immense , presque aussi tranquillement que" vous pouvez le faire dans vos ailées. Les hom--> mes que je rencontre me font îa même ímpres-» sion que si je voyois les arbres de vos forêts ,» ou les troupeaux de vos campagnes. Le bruit« même de tous ces commerçants ne me distrait>» pas plus que si j’entendois le bruit d'u n ruisseau,>, Si je m’amtise quelquefois à considérer leurs mou-» vements , Réprouve le même plaisir que vous â» considérer ceux qui cultivent vos terres : car jç»» vois que le but de tous ces travaux est d’embel-,-» lir le lieu que j’habite, Sc de prévenir tous mes« besoins. Si vous avez du plaisir à voir les fruits„ croître dans vos vergers, vous promettre„ Pafcondance, pensez-vous que j’en aie moins à,, voir tous les vaisseaux qui abordent sur mes„ côtes, m’apporter les productions de PEurope &
•» des Indes ? Dans quel lieu de PUnivers trouve-„ rez-vous plus aisément qu’ici , tout ce qui peut»» ou intéresser la vanité , ou flatter le goût ? Y„ a-t-il un pays dans le monde où l'on soit plus„ libre , où le sommeil soit plus tranquille, où ily> y ait moins de dangers à craindre , où les Loix,, veillent mieux sur le crime, où les empoisonne-» ments, les trahisons, les calomnies soient moins