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Cest ainsi que Descartes tourneautour <Je son être , & examine toutce qui le compose. Nourri d'idéesintellectuelles , & détaché de ses sens ,c J est sou ame qui íe frappe le plus.
consolant & si doux ! Peut-on croire à un premierÊtre, juste 6c bienfaisant, sans croire qu’il récompen-sera Thomme vertueux qui tâche de lui ressembler?Cette espérance n’est-elîe pas le soutien de Thommedans le malheur, son appui dans sa foiblesse, son en-couragement dans ses vertus? Ah! sans doute, il fautqu’il y ait un monde tout différent, où les inégalitéscruelles de celui-ci soient réparées, où l’homme justesoit remis à sa place, où les oppressions cessent » oùles persécuteur." n’aient plus de pouvoir, où l’hommesoit enfin régal de Thomme, sans ne pouvoir plusêtre ni tourmenté ni avili. II faut que celui qui a souf-fert ou qui est mort pour la vertu , puisse dire àDieu : Être juste & bon, je ne me repens pas d’avoirété vertueux. Comment donc peut-il y avoir deshommes qui renoncent volontairement à une sì douceespérance? Pour moi, si j’avois le malheur de douterde ce dogme , je chercherois bien plutôt à me faireillusion. Je me garderais bien d’ôter cette consola-tion aitx foibles, ce frein aux hommes puissants, cetteressource d’un avenir à tous les malheureux. Je megarderois bien de m’avilír à mes propres yeux ; car,plus Thomme aura une grande idée de son être, plusil sera disposé à ne rien faire d’indigne de lui-même.