14S Éloge
quinze ans «^observations anatomï-ques. Ii suppose «bâbord une machine
travaux étoit Futilité des hommes, au lieu de cettePhilosophie vaine & spéculative qui , jusqu’alorsavoit régné dans les écoles, il vouloit une Philoso-phie pratique, où chaque connoissance se réalisât parun effet, 8c qui se rapportât toute entiere au bon-heur du genre humain. Les deux branches de cettePhilosophie dévoient être la médecine &c la média-tique. Par l'une, il vouloit affermir la santé de l'homme»diminuer ses maux, étendre son existence, & peut-être affoiblir ^impression de la vieillesse : par l'autre,faciliter ses travaux, multiplier ses forces, & le mettreen état d’embellir son séjour. Descartes étoit sur-toutépouvanté du passage rapide 8c presque instantanéde l’homme sur PUnivers. O nature » tu as fait desêtres muets 8c inanimés, qui subsistent pendant plu-sieurs siécles de suite, ou qui subsisteront même pen-dant tout le cours d’une révolution du monde; 8cJ’Être intelligent qui seul te comprend 8c te connoît,meurt presque à Pinstant de sa naissance ! 11 paroît 8cs’éclipse ; Être mortel » témoin de la vieillesse immor-telle des astres quil’éclairentaujourd’hui, 5c qui demainluiront sur sa tombe. Descartes crut qu’il ne seroitpeut-être pas impossible de prolonger l’existence del’homme. Si c’est un songe , c’est du moins un beausonge ; 8í il est doux de s'en occuper. II y a mêmetin air de grandeur dans cette idée ; 8c les moyensque Descartes proposa pour l’exécution de ce pro-jet , n’étoient pas moins grands : c’étoit de saisir 5c^embrasser tous les rapports qu’il y a entre tous les