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Eloge de René Descartes : discours qui a remporté le Prix de l'Académie Françoise en 1765 / par Thomas
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DE D ES C ART ES. I49

entièrement semblable à la nôtre :quand il en sera temps, il lui donnera

éléments, terni, I’air, le feu & l’homme ; entre toutesles productions de la terre, & l’homme ; entre toutesles influences du soleil & des astres, 8í l’homme; en-tre l’homme enfin , 8c tous les points de l’Universles plus rapprochés de lui : idée vaste 8c sublime, 8cqui, comme toutes les autres idées de ce grand génie,accuse la foiblesse de l’esprit humain , 8c ne paroîttoucher à des erreurs, que, parce que pour la réaliser,ou peut-être même pour la bien concevoir , il fau-droit une intelligence supérieure à la nôtre. On voitpar là dans quelle vue il étudioit la physique : on peutaussi juger de quelle maniéré il pensoit sur la méde-cine actuelle. En rendant justice aux travaux d’uneinfinité d'hommes célébrés qui se sont appliqués àcet Art utile 8c dangereux, il pensoit que ce qu'onsavoir jusqu’à présent n’étoit presque rien en com-paraison de ce qui restoit à savoir. II vouloir doncque la médecine, c’est-à-dire, la physique appliquéeau corps humain , fût la grande étude de tous lesPhilosophes. Qu’ils se liguent tous ensemble , disoit-il dans un de ses ouvrages ; que les uns commencentoù les autres auront fini. En joignant ainsi les viesde plusieurs hommes 8c les travaux de plusieurs sié-cles , on formera un vaste dépôt de connoissances, &l’on assujettira enfin la nature à l’homme. Mais lepremier pas étoit de bien connoitre la structure ducorps humain. II commença donc l’exécution de sonplan par l’étude de l’Anatomie. II y employa toutí’hiver de 1619 ; il continuj cette étude pendant

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