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Eloge de René Descartes : discours qui a remporté le Prix de l'Académie Françoise en 1765 / par Thomas
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par ses erreurs j forçant l'admiratioit&r le respect , lors même qu'il nepeut forcer à penser comme lui.

étoient des guides trompeurs pour la raison humaine ,& que leurjapport ne pouvoit assurer d’aucune vérité.Ce fut là, si l’on ose le dire , la première erreur dece grand Homme , Ôt celle qui le mena à toutes les-autres. Un peu plus de réflexions lui auroit aisé-ment fait voir que ce ne sont pas nos sens qui noustrompent, mais le jugement que nous portons de nossensations, jugement tout-à-faít étranger aux sensa-tions mêmes. Descartes , persuadé que les sens nepouvoient être un moyen assuré de connoître, re-monta plus haut. 11 crut qu’il y avoit dans l’ame desprincipes fixes , auxquels toutes les vérités étoie/itattachées , & d’après lesquels elle devoit juger ôtrectifier tous les rapports de ses sens. L’ame n’avoitpu se donner ces principes à elle-même. lis étoientdonc l’ouvrage de Dieu. Parvenu ainsi aux idéesinnées, Descartes dut se tromper sur la nature desidées simples ; & cette erreur étoit encore de la plusgrande conséquence : car , puisqu’il faut que ['esprithumain dans ses opérations aille toujours du plussimple a u plus composé, il est très-important de sa-voir quelles sont ces idées simples par où il fautcommencer. La vraie Métaphysique nous apprendque les idées simples sont les premières qui résultentdes sens & de la réflexion. Descartes au contrairedevoit croire d’après son système que c’étoient deslìtìtìoAS abstraites , c'est-à-dire, des principes. Des-