DE Des CARTES. 197
avec indifférence par les uns , attaqué& combattu par les autres, recherchéde quelques Grands comme un vainspectacle de curiosité , ignoré oucalomnié à la Cour (p). Je vois sa
(p) Depuis que Descartes se fut établi en Hollande,il fit trois voyages en France, en 1644, 1647 & 1648.Dans le premier , il vit très-peu de monde, & n’ap-prit qu’a se dégoûter de Paris. Ce qu’il y fit de mieux,fut la connoissance de M. de Chamit, depuis Ambas-sadeur en Suede. Comme leurs âmes se convenoient,leur amitié fut bientôt très-vive. M. de Chanut mê-loit à l’admiration pour un grand Homme , un senti-ment plus tendre & plus fait pour rendre heureux.11 sollicita auprès du Cardinal Mazarin , alors Minis-tre , une pension pour Descartes. On ne sait pour-quoi la pension fut refusée. En 1648, les Historiensprétendent qu’il fut appelle en France par les ordresdu Roi. L’intention de la Cour, disoit-on, étoit d»lui faire un établissement honorable & digne de sonmérite. On lui fit même expédier d'avance le brevetd’une pension ; & il en reçut les Lettres en parche-min. Sur cette espérance , il arriva à Paris. II saprésenta à la Cour. Tout- étoit en feu. C’étoit lacommencement de la guerre de la Fronde. II trouv*qu’on avoir fait payer à un de ses parents l’expédi-tion du brevet, & qu’il en devoir l’argent. II le pay*en effet ; ce qui lui fit dire plaisamment que jamaisj> n’avoit acheté parchemin plus cher. Voilà tout ce
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