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Éloge
digne d'interroger Descartes ; 5CDescartes étoit digne de l'instruire.Leur commerce n J etoit point un traficde flatteries & de mensonges de lapart de Descartes, de protection
alors. Elle le fit prier de la venir voir, pour qu’ellepût l’entendre lui-même. Descartes lui trouva unesprit aussi facile que profond. En peu de temps >elle fut au niveau de sa Géométrie Lc de sa Méta-physique. Bientôt après , Descartes lui dédia sesprincipes,. II la félicite (savoir su réunir tant de con-noissances , dans un âge où la plupart des femmesne savent que plaire. Cette dédicace n’est point unmonument de flatterie ; l’homme qui loue, y paroîttoujours un Philosophe qui pense. Comment, dit-il»à la tête d’un Ouvrage où je jette les fondementsde la vérité, oserois-je la trahir? II continua jusqu’àla fin de sa vie , un commerce de lettres avec elle»Souvent cette Princesse fut malheureuse. Descartesîa consoloit alors. Malheureux & tourmenté lui-même , il trouvoit dans son propre coeur cette élo-quence douce , qui va chercher l’ame des autres,Sc adoucit le sentiment de leurs peines. Après avoirété long-temps errante » & presque sans asyle, Eli—zabeth se retira enfin dans une Abbaye de la West-phalie , où elle fonda une espece d*Académie de Phi-losophes à laquelle elle présidoit. Le nom de Des-cartes n’y étoit jamais prononcé qu’avec respect. Samémoire lui étoit trop chere pour l’oublier. Elle luisurvécut près de trente ans , & mourut, en r68s.