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ces âmes encore plus singulières quegrandes, qui semblent jetées hors des
à sentir un peu plus leur avantage. Si Descartesvîvoit dans ce siécle Sc parmi nous, il y a apparenceqci’il ne regretteroit ni Élisabeth, ni Christine. II trou-veroit encore des femmes capables de le juger &de Pentendre ; il trouveroït dans leur amitié cescharmes qui adoucissent les travaux r & consolentde l’envie. Je ne m’étendraí point sur I’histoíre deChristine ; tout le monde ta connoît. Ce fut M. deChanut qui le premier , engagea cette Reine à lireTes Ouvrages de Descartes. En 1647 » elle lui fitécrire, pour savoir de lui en quoi consrstoit le sou -vernin bien. La plupart des Princes, ou ne font pasde ces questions-îà , ou les font à des Courtisansplutôt qu’à des Philosophes ; & alors la réponse estfacile à deviner. Celle de Descartes fut un peu dif-férente. II faisoit consister le souverain bien , dansla volonté toujours ferme d’être vertueux, & dans.le charme de la conscience qui jouit de sa vertu*.Ce toit une belle leçon de morale pour une Reine.Christine en fut si contente, qu’elle lut écrivit de samain pour le remercier. Peu de temps après , Des-cartes lui envoya son Traité des passions. En 1649»la Reine lui fit faire les plus vives instances pour]’engager à venir à Stockholm > & déja elle avoitdonné des ordres à un de ses Amiraux pour l'allerprendre , Sc le conduire en Suede. Le Philosophe »avant de quitter sa retraite, hésita long-temps. 11 estprobable qu'il fut décidé par toutes les persécutionsqu’il essuyait en Hollande. 11 partit enfin, &. arriva