INTRODUCTION. x ™ix
Quelques mots maintenant sur les formes usi-tées dans les procès.
En présence d’un juge, quel qu’il soit, les par-ties se découvrent les épaules en repliant leurstoges sur les reins, et se tiennent debout devantlui. Le demandeur débute par invoquer l’aide duTrès-Haut, en disant au juge : Que Dieu vouséclaire ! Il expose ensuite la plainte. Le juge ré-pond en demandant à chacune des parties qu’elleait à fournir une caution, ce qui se fait par repré-sentation , ou en donnant une certaine somme, àmoins que le jugement ne soit susceptible d’en-traîner une peine afflictive. Lorsque les cautionssont ainsi constituées, le plaidoyer commence,soit que les gens en cause parlent eux-mêmes, soitqu’ils se fassent assister d’avocats. Dans ce der-nier cas, ils sont astreints à jurer qu’ils ont conliéle soin de leur défense à tel et tel, et dès lors ilsn’ont plus la parole.
Aussitôt la discussion engagée, chacune desparties a le droit de proposer un pari ; si l’autrerefuse elle s’avoue vaincue. Le talent de l’avocatconsiste donc à savoir déplacer le terrain de la dis-cussion , et à proposer, sur une question inci-dente, un pari plus fort que ceux qui ont été déjàengagés par la partie adverse sur les questionsprincipales. Le devoir du juge serait d’empêchercette fraude; mais comme c’est à lui qu’en toute