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Tome premier.
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VOYAGE

en attendant que lon pourvût à notre dîner. A ceteffet notre guide prit les devants pour requérir desvivres au nom dOubié, et nous ne tardâmes pas à levoir revenir avec une chèvre, du pain et du lait.Nous récompensâmes la bonne volonté des habitantspar un léger cadeau, bien quils eussent certaine-ment plutôt obéi à la volonté expresse dOubié, dontnotre guide avait reçu les instructions formelles, quàleur instinct hospitalier. Le soir venu, nous allumâmesnos feux, et, sauf les cris de quelques hyènes, rienne vint troubler notre sommeil.

Le lendemain, nous prîmes la direction du nord-est, laissant à notre gauche le bassin de Yeha, et nousvînmes faire notre deuxième station au district deOuahabit, pays musulman dont les habitants nous re-fusèrent net lhospitalité. Nos ambassadeurs en furentindignés et dépêchèrent aussitôt cet Àdgo, dont jaidéjà parlé, et qui nous avait suivis, pour sen plaindreà leur maître; ce que voyant, les habitants chantèrentune tout autre gamme, et vinrent, dès le lendemainmatin, se prosterner à nos pieds avec une pierre surle cou, signe profond dhumilité et de repentir. Ilsnous promirent des festins de Gamache, si nous vou-lions seulement envoyer après notre messager pour lefaire rétrograder; mais il était trop tard : celui-ci re-vint le jour suivant, porteur dun ordre dOubié en-joignant aux habitants de Ouahabit de nous fournir,outre les provisions strictement exigibles, une vacheet du miel. Lavarice des paysans abyssins prit alorsle dessus et nous suscita des difficultés qui ne furent