EN ABYSSINIE.
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résolues que fort avant dans la journée, ce qui nousobligea à passer une nuit de plus à Ouahabit.
Après avoir traversé un pays inculte, montagneux,où serpente le ruisseau Ongouaye, qui se jette dans leMareb , nous gravîmes une haute chaîne qui nous con-duisit au district d’Eguela, où nous passâmes la nuit.
Le lendemain, après avoir tour à tour monté et des-cendu , nous vînmes camper près de la rivière de Bê-lasse, qui était alors presque à sec. Le village de Loggotenous envoya du lait, du beurre, du miel, une chèvre,et nous tuâmes la vache que les habitants de Ouahabitnous avaient donnée. Les Abyssins, suivant leur cou-tume, la dépecèrent en morceaux, qui furent étalés surla peau de l’animal dans leur ordre d’importance; puiscelui de nos domestiques qui remplissait les fonc-tions de maître d’hôtel vérifia s’il ne manquait aucunepièce, et, après avoir pris ce qu’il jugeait convenablepour nous, livra le reste aux porteurs, qui se jetèrentdessus, et mangèrent cette viande crue avec une vora-cité qui me fit lever le cœur.
La plaine de Belasse est d’un terrain léger où l’onne sème guère qu’une espèce de pois appelée chim-bera ; les acacias épineux s’y montrent en grandnombre. Cette plaine est aussi renommée pour lesbêtes féroces.
Notre halte suivante fut à la rivière de Tserana, dansun endroit plein de verdure et d’ombrage. Derrièrenous se trouvaient des maïs encore debout; aussi avait-on élevé, au milieu des champs, une espèce d’am-phithéâtre, du haut duquel un homme, armé d’une