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Tome deuxième.
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VOYAGE

Nous nous établîmes sur le bord, dans la partie sep-tentrionale, paur prendre une vue du pays dAngote etde la vallée Raya. Un de nos domestiques demanda deleau à plusieurs habitants, qui étaient venus nous re-garder, et ils se hâtèrent de nous apporter de la bière,du pain et du lait; en retour de quoi nous fûmes for-cés dinsister pour leur faire accepter un léger pré-sent ; puis ils se retirèrent respectueusement à unedistance qui leur permettait de satisfaire leur curiosité,sans cependant nous gêner.

Après avoir dessiné les pays situés au nord et à lest,relevé la ville de Oualdia, les pitons de Tsera Guedel,et la pointe de la chaîne qui limite à lest la valléeRaya, nous vînmes nous placer sur le bord opposé,au sud, d nous voyions se développer à perte devue la vallée Yedjou, la grande chaîne de Ouadela, etles arêtes perpendiculaires qui sen détachent. 11 se-rait difficile de trouver un aspect plus grandiose. Nousen demeurâmes émerveillés, et cependant quatre ansde séjour en Abyssinie commençaient à nous blasersur les spectacles de ce genre.

La fin du jour vint nous surprendre dans nos occu-pations. Le soleil, en sabaissant derrière les grandesmontagnes du Ouadela, commença à modifier cetteétonnante perspective : pendant que les plus hautescrêtes sallumaient à ses derniers rayons, les rameauxdu côté opposé sassombrissaient et dessinaient en noirleurs arêtes dans le vague du crépuscule ; on eût ditla carcasse dun immense cétacé échouée dans unemer dor en fusion. A pareille heure, ce nest plus la