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lier clans le Clioa que clans l’Aniara, où les pains de selservent à la fois de monnaie et d’aliment.
Le 6 février nous apprîmes que la précaution d’en-voyer un double messager n’était pas inutile, car lechoum d'Éfrata avait gardé notre lettre ; celui de Yas-sani, certainement informé de ce qui se passait, n’encontinuait pas moins de nous faire bonne mine, et re-doublait au contraire de prévenances, sans cloute pournous dorer la pilule. Mais, certains que notre hommeparviendrait à Angolola, nous comptions rendre aucliourn, quand nous nous en irions, ce qu’on appellevulgairement la monnaie de sa pièce. Jusqu’au 11 nousn’eumes aucune autre nouvelle, et l’impatience com-mençait à nous gagner, car nous perdions là un tempsprécieux. Nos domestiques, qui trouvaient partout desgens qui leur donnaient à boire pour les faire causer,étaient d’un avis tout différent, et ne paraissaient pasdésireux de changer de résidence. Mais enfin le 11,à midi, un courrier nous apporta une lettre du roiqui nous autorisait à venir le trouver à Angolola.Pas de réponse de M. Rochet : peut-être ne l’avait-on pastrouvé.
Nous nous couchâmes tout heureux, et nous nousendormîmes bientôt du sommeil du juste; mais àminuit nous fûmes réveillés par un tapage horrible,cliquetis d’armes, piétinement de chevaux. Bientôtnotre logis fut envahi par une foule bruyante. Aupremier cri, chacun avait couru à sa lance. Fort heu-reusement les envahisseurs avaient les intentions lesplus pacifiques du monde : c’étaient les officiers du