EM ABYSSIMIE. 197
gouverneur d’Éfrata qui ayant reçu l'ordre le soirmême de nous faire arriver à Angolola au plus vite,n’avaient pas cru devoir mettre une nuit de retardà son accomplissement. Ils voulaient donc nous fairelever le camp à l'instant même; on pense comme nousles reçûmes à pareille heure : nous ne bougeâmes pas,et les envoyés voyant l’inutilité de leurs instances, serésolurent à passer la nuit dans la cour, après avoirmis en réquisition tous les lits du village. Plusieursmême exigèrent davantage , et il paraît qu’on lessatisfit en tout, car le lendemain ce fut à notre tourde les faire lever.
Nous quittâmes donc Cassebié le 12 février pournous rendre à Madjétié, notre première halte. A deuxcents pas nous traversâmes le ruisseau d’Aguera Ma-riam, qui tombe en cascade dans la plaine de Chafa :sur le bord opposé, nous étions dans le district deMoguéra. Nous passâmes successivement près des vil-lages de Beurat âfer et Chéréta, et traversâmes un tor-rent, après lequel nous descendîmes par une pentefacile le territoire de Djé Goubi ; nous remontâmesensuite, etaperçûmes, au sud 15° est, le col de Madjétié.Laissant à droite le couvent célèbre de Dirlik Amba,et à gauche le village de Aléré Amba, nous franchîmesunautre torrent,leBissano, dontles deuxsources sortentde chaque côté d’une montagne qui s’avance comme uncoin dans le ravin qui encaisse ce ruisseau. Nous nousreposâmes dans une petite prairie, à quelques cen-taines de pas des villages Kolfo, Itatche. De là je re-levai au nord un des gros mamelons de la plaine dp