VOYAGE
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il donnait ses soins de médecin. Je m’empressai moi-même d’aller offrir mes hommages à cette dame, quime reçut très-gracieusement. A peine étais-je rentréchez moi que je vis arriver une de ses soubrettes,qui avait ordre de se mettre à ma disposition pourtout ce qui pouvait m’être nécessaire. Je n’abusai pasde pouvoirs aussi étendus, et je me contentai de de-mander un souper moins épicé que ne le sont commu-nément ceux du Choa. Le soir venu, nous ne man-quions pas desujetsde conversation, et lorsque j’eus finide narrer au docteur la guerre des Gallas, lui-mêmeme raconta ce qui s’était passé en mon absence. N’ayantemmené avec moi que quatre de nos gens, afin de nepas être embarrassé pour leur subsistance, mon collabo-rateur avait eu la charge de maintenir l’ordre parmi lereste, trop nombreux et trop bien nourri chez l’oizoroTekoukoule pour qu’il fût facile d’en avoir raison.D’ailleurs un autre brandon de discorde, l’amour, nonmoins funeste que l’intempérance, s’était mêlé de lapartie. On a vu plus haut qu’à la suite d’une querelle,Téclo, un de nos domestiques, avait cassé le bras àune servante : après cet événement, un autre, nomméOuorké, qui avait pris chaudement le parti de lafemme, en était devenu vivement amoureux et l’avaitépousée. Mais par un de ces caprices féminins dont lebeau sexe européen n’a pas seul le secret, quelquesjours après son mariage, Trongo (c’était le nom de laservante) s’éprit à son tour de celui qui l’avait si fortmaltraitée. Bientôt on la vit chaque soir venir laverles pieds de Téclo, et comme elle remplissait les