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Tome deuxième.
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EN ABYSSINIE.

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fonctions de cuisinière, elle mettait à part les meil-leurs morceaux pour les lui apporter en cachette : cheznos cuisinières dEurope , lamour ne se manifeste pasdune autre manière. Cependant Ouorké étouffait decolère et de jalousie, et ce fut bien pis encore lorsqueTrongo lui déclara quelle ne voulait plus vivre aveclui. 11 eut recours à la justice seigneuriale de M. Petit,et la décision de celui-ci fut quil voulait que la cuisi-nière fît bien son dîner, que Ouorké soignât bien samule; que, si on lennuyait davantage de ces sornettes,il ferait fustiger lune et lautre. Quelque nette et judi-cieuse que fût cette sentence, Ouorké ne dut pas enêtre satisfait, quoiquil fût obligé de le paraître. De-puis que sa femme avait déserté la couche conjugale,le pauvre diable ne dormait plus ; une nuit, dansune de ses insomnies, il sortit pour rafraîchir lardeurde ses idées. Tout à coup, dans un coin reculé de lacour, il aperçoit deux dormeurs côte à côte, envelop-pés dans leur taube; il sapproche doucement, curieuxde savoir qui peut ainsi, par un froid assez vif,coucher à la belle étoile : mais la figure des dormeursest cachée, suivant lusage. Nosant les découvrir,il rentre dans la maison, tout est plongé dans lesommeil, allume un tison, et passe linspection dupersonnel. Sa femme nest certainement pas; maisquel est lautre absent? car il na pu reconnaî-tre les hommes, puisque la plupart ont aussi le vi-sage couvert. Au comble de ses inquiétudes et de sessuggestions jalouses, il retourne dans la cour et revientencore contempler ces deux dormeurs dont le sommeil