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VOYAGE
nous fûmes invités à souper par notre hôte, et nousnous rendîmes à l’invitation pour être témoins desusages d’une maison galla. On nous fit asseoir sur unalga placé à côté de celui du maître; on mit devant nousune table chargée de pains et de mets, puis on dressatout autour de la salle une série d’autres tables garniesavec la même profusion. Cela fait, tous les gens de lamaison, au nombre d’environ deux cents, entrèrentsur deux rangs et vinrent prendre place en s’asseyantpar terre. On procéda ensuite comme nous l’avons déjàrapporté ; mais ici l’éclairage était plus brillant quedans le Tigré , et, au lieu de petites bougies de cire ,une douzaine de jeunes gens tenaient en main degrosses torches de deux pouces d’épaisseur, faites encoton tordu et trempé dans du suif bouillant. Pen-dant ce dîner, Abba Mali nous prouva qu’il avait ob-servé les mœurs du petit nombre d’Européens qu’ilavait été à même de voir; car il n’attendit pas la fin durepas pour nous faire servir à boire. Notre soif n’étaitcertainement pas digne de répondre à ses exhortations ;mais nos gens ne se firent pas tant prier, et vers la findu repas, leur exaltation témoigna de leur hauteliesse. Ils amusèrent beaucoup notre hôte par leurdanse guerrière, et leurs chants, qui différaient deceux des Gallas, en leur étant, à mon avis, biensupérieurs. Cette fête fut interrompue par l’arrivéed’un seigneur galla qui venait rendre hommage àMali .
Ce seigneur s’avança au milieu de la salle, d’oùtoutes les tables avaientété enlevées. Ceux des serviteurs