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Tome deuxième.
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VOYAGE

nous fûmes invités à souper par notre hôte, et nousnous rendîmes à linvitation pour être témoins desusages dune maison galla. On nous fit asseoir sur unalga placé à côté de celui du maître; on mit devant nousune table chargée de pains et de mets, puis on dressatout autour de la salle une série dautres tables garniesavec la même profusion. Cela fait, tous les gens de lamaison, au nombre denviron deux cents, entrèrentsur deux rangs et vinrent prendre place en sasseyantpar terre. On procéda ensuite comme nous lavons déjàrapporté ; mais ici léclairage était plus brillant quedans le Tigré , et, au lieu de petites bougies de cire ,une douzaine de jeunes gens tenaient en main degrosses torches de deux pouces dépaisseur, faites encoton tordu et trempé dans du suif bouillant. Pen-dant ce dîner, Abba Mali nous prouva quil avait ob-servé les mœurs du petit nombre dEuropéens quilavait été à même de voir; car il nattendit pas la fin durepas pour nous faire servir à boire. Notre soif nétaitcertainement pas digne de répondre à ses exhortations ;mais nos gens ne se firent pas tant prier, et vers la findu repas, leur exaltation témoigna de leur hauteliesse. Ils amusèrent beaucoup notre hôte par leurdanse guerrière, et leurs chants, qui différaient deceux des Gallas, en leur étant, à mon avis, biensupérieurs. Cette fête fut interrompue par larrivéedun seigneur galla qui venait rendre hommage àMali .

Ce seigneur savança au milieu de la salle, dtoutes les tables avaientété enlevées. Ceux des serviteurs