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Tome deuxième.
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EN ABYSSINIE.

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qui avaient le droit de sasseoir prirent place au pied delalga du maître; les autres se tinrent debout, appuyéscontre la muraille. Tout le monde se disposa à écouterle discours du Galla, qui, de son côté, attendit, pourcommencer, que le silence se fût établi.

On lui donna alors un alanga, ou fouet; car cétaitun de ces chefs quon nomme balalanga, espèce delicteurs qui portent lalanga devant les grands gou-verneurs, comme on portait les faisceaux devant lesconsuls romains. Dès que le Galla eut ce fouet en main,il le fit claquer deux ou trois fois avant de prononcerune parole; ensuite il sécria : « Vous êtes mon maî-tre. Dieu qui vous a donné la force et la victoire, vousa inspiré la clémence. Vous avez terrassé votre en-nemi, et lorsque, le front dans la poussière, il vousa regardé comme la gazelle blessée regarde le chasseur,vous ne lui avez pas donné la mort, et vous vous êtesainsi gagné des cœurs dont la vie vous appartient toutentière. » Ce disant, il continuait à faire claquer sonalanga. Il raconta les divers épisodes de cette guerre,dans laquelle Abba Mali lavait réduit aux abois; ilparla de la famine que lui et les siens avaient éprou-vée lorsquils avaient été obligés démigrer. 11 fit letableau de ses enfants morts en combattant, de sesfemmes emmenées en esclavage. Pendant longtempslui -même se tint caché dans le Godjam ; mais lamourde ses foyers lemportant, il vint demander grâce àson vainqueur, qui lui restitua pouvoir et richesses. Ace moment de son discours, sa parole devint saccadée,et lalanga claqua avec plus de force : il finit en faisant