EN ABYSSINIE.
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qui avaient le droit de s’asseoir prirent place au pied del’alga du maître; les autres se tinrent debout, appuyéscontre la muraille. Tout le monde se disposa à écouterle discours du Galla, qui, de son côté, attendit, pourcommencer, que le silence se fût établi.
On lui donna alors un alanga, ou fouet; car c’étaitun de ces chefs qu’on nomme balalanga, espèce delicteurs qui portent l’alanga devant les grands gou-verneurs, comme on portait les faisceaux devant lesconsuls romains. Dès que le Galla eut ce fouet en main,il le fit claquer deux ou trois fois avant de prononcerune parole; ensuite il s’écria : « Vous êtes mon maî-tre. Dieu qui vous a donné la force et la victoire, vousa inspiré la clémence. Vous avez terrassé votre en-nemi, et lorsque, le front dans la poussière, il vousa regardé comme la gazelle blessée regarde le chasseur,vous ne lui avez pas donné la mort, et vous vous êtesainsi gagné des cœurs dont la vie vous appartient toutentière. » Ce disant, il continuait à faire claquer sonalanga. Il raconta les divers épisodes de cette guerre,dans laquelle Abba Mali l’avait réduit aux abois; ilparla de la famine que lui et les siens avaient éprou-vée lorsqu’ils avaient été obligés d’émigrer. 11 fit letableau de ses enfants morts en combattant, de sesfemmes emmenées en esclavage. Pendant longtempslui -même se tint caché dans le Godjam ; mais l’amourde ses foyers l’emportant, il vint demander grâce àson vainqueur, qui lui restitua pouvoir et richesses. Ace moment de son discours, sa parole devint saccadée,et l’alanga claqua avec plus de force : il finit en faisant