3iS Du Gouvernement intérieur
le juste & l’injuste, se sentent par. leshommes comme l’agreable & le dou-loureux. Ainsi chacun peut rendretémoignage de ce qu’il sent, ou com-me vrai, ou comme faux, ou commejuste, ou comme injuste.
II est vrai pourtant qu'u ne propo-sition peut etre vraie en soi, qu’uneaction peut etre injuste en soi, sansaucun raport a persone : mais il n’estpas moins vrai que nous ne jugeons»Lc que nous ne saurions juger de cetcvérité & de cete injustice,que par no-tre sentiment particulier, & par con-séquent par raport a nous. Deux Sectesont chacune leur vérité contradictoire,qu’elles apelent vérité absoluê , véritéen soi ; mais elles n’en jugent que p asleur propre sentiment particulier.
Quelqu’un qui dit, je ne suis poifltencore , je ne pense point ençore coffîMjvous , ne blesle personne, & il laist eespérance de sentir 2c de penser un joU rcomme celui à qui il parle. Or n’est'il pas de la politesse, & meme dejustice, de prendre garde de blesser l^sautres par un ton afirmatif Lc decimEt n’est-ce pas un grand avantage dan sVeducation, qu’qn Ecolier y aprenne a