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L’événement fit voir combien le silence de M. deMontesquieu avoit été sage. Ushek s’exprimequelquefois assez librement, non sur le fond duchristianisme , mais sur des matières que trop depersonnes affectent de confondre avec le christia-nisme même ; sur l’esprit de persécution donttant de chrétiens ont été animés ; sur les usur-pations temporelles de la puissance ecclésiastique;sur la multiplication excessive des monastères,qui enlevent des sujets à l’état , sans donner àDieu des adorateurs ; sur quelques opinions qu'ona vainement tenté d’ériger en dogmes ; sur nosdisputes de religion , toujours violentes, et sou-vent funestes. S’il paroît toucher ailleurs à desquestions plus délicates, et qui intéressent de plusprès la religion chrétienne, ses réflexions, appré-ciées avec justice, sont en effet très-favorables àla révélation ; puisqu’il se borne à montrer com-bien la raison humaine , abandonnée à elle-même,est peu éclairée sur ces objets. Enfin , parmi lesvéritables lettres de M. de Montesquieu , l’impri-meur étranger en avoit inséré quelques-unes d’uneautre main : et il eût fallu du moins, avant quede condamner l’auteur , démêler ce qui lui ap-partenoit en propre. Sans égard à ces considé-rations, d'un côté la haine sous le nom de zèle,de l’autre le zèle sans discernement ou sans lu-mières , se soulevèrent et se réunirent contre lesLettres persanes. Des délateurs , espèce d’hom-mes dangereuse et lâche , que même dans ungouvernement sage on a quelquefois le malheur