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d’abord en occident par la puissance des barbares,et qui, après avoir langui plusieurs siècles en orientsous des empereurs imbécilles ou féroces, s’anéantitinsensiblement, comme ces fleuves qui disparois-sent dans des sables.
Un assez petit volume a suffi à M. de Montes-quieu pour développer un tableau si intéressant etsi vaste. Comme l’auteur ne s’appesantit pointsur les détails, et ne saisit que les branches fécon-des de son sujet, il a su renfermer en très-peud’espace un grand nombre d’objets distinctementapperçus et rapidement présentés , sans fatiguepour le lecteur. En laissant beaucoup voir , illaisse 'encore plus à penser : et il auroit pu inti-tuler son livre : Histoire romaine à iusage deshommes d'état et des philosophes.
Quelque réputation que M. de Montesquieu sefût acquise par ce dernier ouvrage et par ceux quil’avoient précédé, il n’avoit fait que se frayer lechemin à une plus grande entreprise, à celle quidoit immortaliser son nom et le rendre respectableaux siècles futurs. Il en avoit dès long-tempsformé le dessein : il en médita pendant vingt ansl’exécution ; ou , pour parler plus exactement,toute sa vie en avoit été la méditation continuelle.D’abord il s’étoit fait, en quelque façon , étrangerdans son propre pays, afin de le mieux connoître.Il avoit ensuite parcouru toute l’Europe, et pro-fondément étudié les différais peuples qui l'habi-tent. L’isle fameuse , qui se glorifie tant de seslois et qui en profite si mal 26 , avoit été pour lui,