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dans ce long voyage, ce que l'isle de Crète futautrefois pour Lycurgue , une école où il avoitsu s'instruire sans tout approuver. Enfin il avoit,si on peut parler ainsi, interrogé et jugé les na-tions et les hommes célèbres qui n’existent plusaujourd’hui que dans les annales du monde. Cefut ainsi qn’il s’éleva par degrés au plus beautitre qu’un sage puisse mériter , celui de législateurdes nations.
S’il étoit animé par l’importance de la matière,il étoit effrayé en même temps par son étendue :il l’abandonna et y revint à plusieurs reprises. Ilsentit plus d’une fois, comme il l’avoue lui-même,tomber les mains paternelles. Encouragé enfinpar ses amis, il ramassa toutes ses forces, et donnaY Esprit des lois.
Dans cet important ouvrage , M. de Montes-quieu , sans s’appesantir, à l’exemple de ceuxqui l’ont précédé, sur des discussions métaphy-siques relatives à l’homme supposé dans un étatd’abstraction ; sans se borner , comme d’autres,à considérer certains peuples dans quelques rela-tions ou circonstances particulières , envisage leshabitans de l’univers dans l’état réel où ils sont,et dans tous les rapports qu’ils peuvent avoir entreeux. La plupart des autres écrivains en ce genresont presque toujours, ou de simples moralistes,ou de simples jurisconsultes, où même quelque-fois de simples théologiens. Pour lui , l’hommede tous les pays et de toutes les nations, il s’oc-cupe moins 27 de ce que le devoir exige de nous,