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Tome premier.
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destiné à établir entre les différentes parties dngenre humain une sorte de balance. Mais il enest de l’équilibre moral comme du physique ; ilest rare qu’il soit parfait et durable ; et les traitésdu genre humain sont, comme les traités entrenos princes, une semence continuelle de divisions.L’intérêt, le besoin, et le plaisir, ont rapprochéles hommes ; mais ce s mêmes motifs les poussentsans cesse à vouloir jouir des avantages de lasociété sans en porter les charges ; et c’est en cesens qu’on peut dire, avec l’auteur, que les hom-mes, dès qu’ils sont en société, sont en état deguerre. Car la guerre suppose, dans ceux qui sela font, sinon une égalité de force , au moinsl’opinion de cette égalité ; d’où naît le désir etl’espoir mutuel de se vaincre. Or, dans l’état desociété , si la balance n’est jamais parfaite entreles hommes , elle n’est pas non plus trop inégale:au contraire , ou ils n'auroient rien à se disputerdans l’état de nature ; ou, si la nécessité les yobligeoit, on ne verroit que la foiblesse fuyantdevant la force, des oppresseurs sans combat, etdes opprimés sans résistance.

Voici donc les hommes réunis et armés tout-à-la-fois , s’embrassant d’un côté , si on peutparler ainsi , et cherchant de l’autre à se blessermutuellement. Les lois sont le lien plus ou moinsefficace destiné à suspendre ou à retenir leurscoups : mais l’étendue prodigieuse du globe quenous habitons , la nature différente des régionsde la terre et des peuples qui la couvrent, ne