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Tome premier.
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que les affaires peu importantes y étoient décidéespar les chefs, et que les grandes étoient portéesau tribunal de la nation , après avoir auparavantété agitées par les chefs. M. de Montesquieu n’exa-mine point si les Anglais jouissent ou non de cetteextrême liberté politique que leur constitutionleur donne ; il lui suffit quelle soit établie parleurs lois. Il est encore plus éloigné de vouloirfaire la satyre des autres états : il croit, au con-traire, que l’excès, même dans le bien, n’est pastoujours désirable ; que la liberté extrême a sesinconvénients comme l’extrême servitude ; etqu’en général la nature humaine s’accommodemieux d’un état moyen.

La liberté politique, considérée par rapportau citoyen, consiste dans la sûreté où il est, àl’abri des lois ; ou du moins dans l’opinion decette sûreté , qui fait qu’un citoyen n’en craintpoint un autre. C’est principalement par la na-ture et la proportion des peines que cette libertés’établit ou se détruit. Les crimes contre la reli-gion doivent être punis par la privation des biensque la religion procure ; les crimes contre la tran-quillité publique , par la prison ou l’exil ; lescrimes contre la sûreté , par les supplices. Lesécrits doivent être moins punis que les actions ;jamais les simples pensées ne doivent l’être. Ac-cusations non juridiques, espions, lettres ano-nymes , toutes ces ressources de la tyrannie , éga-lement honteuses à ceux qui en sont l’instrumentet à ceux qui s’en servent, doivent être proscrites