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le produit en entier dans le fisc public, est , sanscomparaison , moins à charge au peuple, et parconséquent plus avantageuse, lorsqu’elle peut avoirlieu , que la ferme de ces mêmes tributs, qui laissetoujours entre les mains de quelques particuliersune partie des revenus de l’état. Tout est perdu'sur-tout (ce sont ici les termes de l’auteur) lors-que la profession de traitant devient honorable ;et elle le devient dès que le luxe est en vigueur.Laisser quelques hommes se nourrir de la sub-stance publique pour les dépouiller 'à leur tour,comme on l’a autrefois pratiqué dans certainsétats, c’est réparer une injustice par une autre,et faire deux maux au lieu d’un.
Yenons maintenant, avec M. de Montesquieu,aux circonstances particulières indépendantes dela nature du gouvernement , et qui doivent enmodifier les lois. Les circonstances qui viennentde la nature du pays sont de deux sortes ; lesunes ont rapport au climat, les autres au terrain.Personne ne doute que le climat n’influe sur ladisposition habituelle des corps, et par consé-quent sur les caractères ; c’est pourquoi les loisdoivent se conformer au physique du climat dansles choses indifférentes , et au contraire le com-battre dans les effets vicieux. Ainsi, dans les payspù l’usage du vin est nuisible , c’est une très-bonne loi que celle qui l’interdit : dans les paysoù la chaleur du climat porte à la paresse, c’estune très-bonne loi que celle qui encourage autravail. Le gouvernement peut donc corriger les1 . 6