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Ouand j’ai été rappelé à l’antiquité , j’aicherché à en prendre l’esprit, pour ne pas re-garder comme semblables des cas réellement dif-férents , et ne pas manquer les différences de ceuxqui paroissent semblables.
Je n’ai point tiré mes principes de mes pré-jugés 4 , mais de la nature des choses.
Ici bien des vérités ne se feront sentir qu'aprésqu’on aura vu la chaîne qui les lie à d’autres.Plus on réfléchira sur les détails, plus on sentirala certitude des principes. Ces détails mêmes,je ne les ai pas tous donnés; car qui pourroit diretout sans un mortel ennui ?
On ne trouvera point ici ces traits saillants quisemblent caractériser les ouvrages d’aujourd'hui.Pour peu qu’on voie les choses avec une certaineétendue , les saillies s’évanouissent ; elles ne nais-sent d’ordinaire que parce que l’esprit se jette toutd’un côté , et abandonne tous les autres.
Je n’écris point pour censurer ce qui est établidans quelque pays que ce soit h Chaque nationtrouvera ici les raisons de ses maximes ; et onen tirera naturellement cette conséquence, qu’iln’appartient de proposer des changements qu’àceux qui sont assez heureusement nés pour péné-trer d’un coup de génie toute la constitutiond’un état.
Il n’est pas indifférent que le peuple soitéclairé. Les préjugés des magistrats ont com-mencé par être les préjugés de la nation 6 . Dansun temps d’ignorance, on n’a aucun cloute, même