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Tome premier.
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lorsqu’on fait les plus grands maux ; dans untemps de lumière , on tremble encore lorsqu’onfait les plus grands biens. On sent les abus an-ciens , on en voit la correction ; mais on voitencore les abus de la correction même. On laissele mal, si l’on craint le pire ; on laisse le bien,si l’on est en doute du mieux. On ne regardeles parties que pour juger du tout ensemble ; onexamine toutes les causes pour voir tous lesrésultats.

Si je pouvois faire en sorte que tout le mondeeût de nouvelles raisons pour aimer ses devoirs,son prince, sa patrie, ses lois ; qu’on pût mieuxsentir son bonheur dans chaque pays, dans chaquegouvernement , dans chaque poste où l'on setrouve: je me croirois le plus heureux des mortels.

Si je pouvois faire en sorte que ceux qui com-mandent augmentassent leurs connoissances surce qu’ils doivent prescrire , et que ceux quiobéissent trouvassent un nouveau plaisir à obéir,je me croirois le plus heureux des mortels.

Je me croirois le plus heureux des mortels,si je pouvois faire que les hommes pussent seguérir de leurs préjugés. J’appelle ici préjugés,non pas ce qui fait qu’on ignore certaines choses,mais ce qui fait qu’on s’ignore soi-même 7 .

C’est en cherchant à instruire les hommes,que l’on peut pratiquer cette vertu générale quicomprend l'amour de tous. L’homme, cet êtreflexible, se pliant dans la société aux pensées etaux impressions des autres, est également capable