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Tome premier.
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( 9«j ;

de connoître sa propre nature lorsqu'on la luimontre, et d’en perdre jusqu’au sentiment lors-qu’on la lui dérobe.

J’ai bien des fois commencé et bien des foisabandonné cet ouvrage ; j’ai mille fois envoyéaux vents a les feuilles que j’avois écrites ; je sen-tois tous les jours les mains paternelles tomber b ;je suivois mon objet sans former de dessein ; je neconnoissois ni les règles ni les exceptions; je netrouvois la vérité que pour la perdre : mais, quandj’ai découvert mes principes, tout ce que je cher-chois est venu à moi ; et, dans le cours de vingtannées, j’ai vu mon ouvrage commencer, croître,s’avancer, et finir.

Si cet ouvrage a du succès, je le devrai beau-coup à la majesté de mon sujet ; cependant je necrois pas avoir totalement manqué de génie.Quand j’ai vu ce que tant de grands hommes,en France , en Angleterre et en Allemagne , ontécrit avant moi, j’ai été dans l'admiration ; maisje n’ai point perdu le courage : „ Et moi aussije suis peintre 0 ”, ai-je dit avec le Corrége.

a Ludibria ventis.b Bis patrii ceciilerc manus....c Ed io anche son pittore.