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DE l’eSPHIT DES LOIS,
être élus ; de même le peuple, qui a assez decapacité pour se faire rendre compte de la gestiondes autres , n’est pas propre à gérer par lui-même.
Il faut que les affaires aillent, et quelles aientun certain mouvement qui ne soit ni trop lent nitrop vite. Mais le peuple a toujours trop d action,ou trop peu. Quelquefois avec cent mille brasil renverse tout ; quelquefois avec cent mille piedsil ne va que comme les insectes.
Dans l’état populaire, on divise le peuple ende certaines classes. C’est dans la manière de fairecette division que les grands législateurs se sontsignalés ; et c’est de là qu'ont toujours dépendula durée de la démocratie et sa prospérité.
Servius Tullius suivit, dans la composition deses classes, l’esprit de l’aristocratie. A T ous voyonsdans Tite-Live a et dans Denys d’Halicarnasse b .comment il mit le droit de suffrage entre les mainsdes principaux citoyens. Il avoit divisé le peuplede Rome en cent quatre-vingt-treize centuries,qui formoient six classes. Et, mettant les riches ,mais en plus petit nombre, dans les premièrescenturies ; les moins riches, mais en plus grandnombre, dans les suivantes; il jeta toute la fouledes indigents dans la dernière ; et chaque cen-turie n’ayant qu’une voix*, c’étoient les moyens
a Liv. I.
b Liv. IV, art. 15 et suiv.
c Voyez dans les Considérations sur les causes de la grandeurdes Romains et de leur décadence , chap. IX, comment cet espritde Servius Tuiüus se conserva dans la république.