LIVRE II, C H A P. I T.
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et les richesses qui donnoient le suffrage , plutôtque les personnes.
Solon divisa le peuple d’Athènes en quatreclasses. Conduit par l’esprit de la démocratie, ilne les fit pas pour fixer ceux qui dévoient élire,mais ceux qui pouvoient être élus ; et laissant àchaque citoyen le droit d'élection , il voulut' 1 que,dans chacune de ces quatre classes, on pût éliredes juges -, mais que ce ne fût que dans les troispremières, où étoient les citoyens aisés , qu’onpût prendre les magistrats.
Comme la division de ceux qui ont droit desuffrage est, dans la république, une loi fonda-mentale , la manière de le donner est une autreloi fondamentale.
Le suffrage par le sort est de la nature de ladémocratie ; le suffrage par choix est de celle del’aristocratie.
Le sort est une façon d’élire qui n’alïlige per-sonne ; il laisse à chaque citoyen une espéranceraisonnable de servir sa patrie.
Mais, comme il est défectueux par lui-même,c’est à le régler et à le corriger que les grandslégislateurs se sont surpassés.
Solon établit à Athènes que l’on nommeroitpar choix à tous les emplois militaires, et queles sénateurs et les juges seroient élus par le sort.
11 voulut que l’on donnât par choix les
a Dcnys d’Halic., éloge d’Isocrate, p. 9", T. II, édit, deVechelius. Pollux , liv. VIII, c. X, art. 130.