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Tome premier.
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LIVRE III, C H A P. I I I.

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Quand Sylla voulut rendre à Rome la liberté,elle ne put plus la recevoir ; elle n’avoitplus qu’unfoible reste de vertu : et comme elle en eut tou-jours moins, au lieu de se réveiller après César,Tibère, Caïus, Claude, Néron , Domitien, ellefut toujours plus esclave ; tous les coups por-tèrent sur les tyrans, aucun sur la tyrannie.

Les politiques grecs qui vivoient clans le gou-vernement populaire, ne reconnoissoient d’autreforce qui pùt le soutenir que celle de la vertu ÀCeux d’aujourd’hui ne nous parlent que de ma-nufactures , de commerce, de finances, de ri-chesses , et de luxe même.

Lorsque cette vertu cesse , l’ambition entredans les coeurs qui peuvent la recevoir, et l’ava-rice entre dans tous. Les désirs changent d’objets ;ce qu'on aimoit on ne l’aime plus ; on étoit libreavec les lois, on veut être libre contre elles; cha-que citoyen est comme un esclave échappé de lamaison de son maître ; ce qui étoit maxime , onl’appelle rigueur ; ce qui étoit règle , on l’appellegêne ; ce qui étoit attention , on l’appelle crainte.C’est la frugalité qui est l’avarice, et non pas ledésir d’avoir. Autrefois le bien des particuliersfiiisoit le trésor public ; mais pour lors le trésorpublic devient le patrimoine des particuliers. Larépublique est une dépouille ; et sa force n’estplus que le pouvoir de quelques citoyens et lalicence de tous.

Athènes eut dans son sein les mêmes forcespendant qu’elle domina avec tant de gloire , et