1 ?8 DEL’ES1> KIT DES LOIS,
Ce que je dis est confirmé par le corps entierde l'histoire, et très - conforme à la nature deschoses : car i‘ est clair que, dans une monarchie,où celui qui fait exécuter les lois se juge au-dessusdes lois, on a besoin de moins de vertu que dansun gouvernement populaire, où celui qui fai*- exé-cuter les lois sent qu'il y est soumis lui-même,et qu’il en portera le poids.
Il est clair encore cpie le monarque qui, parmauvais conseil ou par négligence, cesse de faireexécuter les lois, peut aisément réparer le mal;il n’a qu’à changer de conseil, ou se corriger decette négligence même. Mais lorsque , dans unx gouvernement populaire , les lois ont cessé d’êtreexécutées , comme cela ne peut venir que de lacorruption de la république, l’état est déjà perdu.
Ce fut un assez beau spectacle , dans le siècle-passé , de voir les efforts impuissants des Anglaispour établir parmi eux la démocratie. Commeceux qui avoient part aux affaires n’avoient pointde vertu , que leur ambition étoit irritée par lesuccès de celui qui avoit le plus osé a , que l’espritd’une faction n’étoit réprimé que par l’esprit d’uneautre, le gouvernement changeoit sans cesse; lepeuple étonné chcrchoit la démocratie, et ne latrouvoit nulle part. Enfin , après bien des mou-vements, des chocs et des secousses , il fallut sereposer dans le gouvernement même qu’on avoitproscrit.
a Cromwei.