LIVRE III, CHAP, I\',
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de s’estimer beaucoup eux-mêmes seroient en étatd’y faire des révolutions : il faut donc que lacrainte y abatte tous les courages, et y éteignejusqu'au moindre sentiment d’ambition.
Un gouvernement modéré peut, tant qu’ilveut et sans péril , relâcher ses ressorts ; il semaintient par ses lois et par sa force même. Maislorsque , dans le gouvernement despotique , leprince cesse un moment de lever le bras; quandil ne peut pas anéantir à l’instant ceux qui ontles premières places a ; tout est perdu : car le res-sort du gouvernement, qui est la crainte , n’yétant plus , le peuple n’a plus de protecteur.
C’est apparemment dans ce sens que des ccidisont soutenu que le grand-seigneur n’étoit pointobhgé de tenir sa parole ou son serment, lorsqu’ilbornoit par-là son autorité b .
Il faut que le peuple soit jugé par les lois,et les grands par la fantaisie du prince; que latête du dernier sujet soit en sûreté, et celle deshachas toujours exposée. On ne peut parler sansfrémir de ces gouvernements monstrueux. Lesophi de Perse, détrôné de nos jours par Mirivéis,vit le gouvernement périr avant la conquête , parcequ’il n’avoit pas versé assez de sang c .
L'histoire nous dit que les horribles cruautésde Domitien effrayèrent les gouverneurs au point
a Comme il arrive souvent dans l’aristocratie militaire.
b Ricault, de l'Empire ottoman.
c Voyez l’histoire de cette révolution , par le père Du-eerceati.