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Tome premier.
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LIVRE I I I > C H A I>. X. 141

naturels , le respect pour un père, la tendressepour ses enfants et ses femmes , les lois de l’hon-neur , l’état de sa santé 5 on a reçu l’ordre , etcela suffit.

lin Perse , lorsque le roi a condamné quel-qu’un, on ne peut plus lui en parler, ni deman-der grâce. S’il étoit ivre ou hors de sens, il fiiu-droit que l’arrêt s’exécutât tout de même 3 ; sanscela il se contredirent, et la loi ne peut se con-tredire-. Cette manière de penser y a été de touttemps i l’ordre que donna Assuérus d’exterminerles Juifs ne pouvant être révoqué 10 , on prit leparti de leur donner la permission de se défendre*Il y a pourtant une chose que l’on peutquelquefois opposer à la volonté du prince b ;c’est la religion. On abandonnera son père , onle tuera même , si le prince l’ordonne : mais onne boira pas de vin , s’il le veut et s’il l'ordonne*Les lois de la religion sont d’un précepte supé-rieur , parce qu’elles sont données sur la tête duprince comme sur celle des sujets. Mais, quantau droit naturel , il n’en est pas de même ; leprince est supposé n'être plus un homme.

Dans les états monarchiques et modérés 11 , là-puissance est bornée par ce qui en est le ressort;je veux dire l’honneur, qui règne j comme unmonarque , sur le prince et sur le peuple. Onn’ira point lui alléguer les lois de la religion ; uncourtisan se croiroit ridicule ; on lui alléguera sans

a Voyez Chardin*,b Ibid;

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