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Tome premier.
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lii UE E’ ESPRIT DES LOIS 3

CHAPITRE II.

De ïéducation dans les monarchies.

'E n’est point dans les

maisons publiques où

l'on instruit l’enfance, que l’on reçoit, dans les mo-narchies , la principale éducation 1 ; c’est lorsquel’on entre dans le monde que l’éducation en quel-que façon commence 3 . Là est l’école de ce quel’on appelle honneur , ce maître universel quidoit par-tout nous conduire.

C’est là que l’on voit et que l’on entend tou-jours dire trois choses, qu’// faut mettre dans lesvertus une certaine noblesse , dans les moeurs unscertaine franchise , dans les manières une certainepolitesse.

Les vertus qu’on nous y montre sont toujoursmoins ce que l’on doit aux autres que ce quel’on se doit à soi-même : elles ne sont pas tant cequi nous appelle vers nos concitoyens que ce quinous en distingue.

On n’y juge pas les actions des hommes commebonnes, mais comme belles ; comme justes, maiscomme grandes ; comme raisonnables, mais com-me extraordinaires + .

Dés que l’honneur y peut trouver quelquechose de noble , il est le juge qui les rend légiti-mes, ou le sophiste qui les justifie.