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Tome premier.
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LIVRE IV, CHAI'. II, 1 -p

Il permet la galanterie, lorsqu’elle est unie àl’idée des sentiments du coeur, ou à l’idée de con-quête ; et c’est la vraie raison pour laquelle lesmoeurs ne sont jamais si pures dans les monar-chies que dans les gouvernements républicains.

II permet la ruse, lorsqu’elle est jointe à l’idéede la grandeur de l'esprit ou de la grandeur desaffaires, comme dans la politique , donnes finessesne l’offensent pas.

Il ne défend l’adulation que lorsqu’elle est sé-parée de l’idée d’une grande fortune , et n’estjointe qu’au sentiment de sa propre bassesse.

A legard des moeurs, j’ai dit que l’éducationdes monarchies doit y mettre une certaine fran-chise h On y veut donc de la vérité dans lesdiscours. Mais est-ce par amour pour elle? pointdu tout. 'On la veut, parce qu’un homme quiest accoutumé à la dire paroît être hardi et libre.En effet, un tel homme semble ne dépendre quedes choses, et non pas de la manière dont unautre les reçoit.

C’est ce qui fait qu’autant qu’on y recom-mande cette espèce de franchise , autant on yméprise celle du peuple , qui n’a que la vérité etla simplicité pour objet.

Enfin l’éducation , dans les monarchies , exigedans les manières une certaine politesse. Les hom-mes , nés pour vivre ensemble, sont nés aussi pourse plaire ; et celui qui n’observeroit pas les bien-séances, choquant tous ceux avec qui il vivroit,se décréditeroit au point qu’il deviendroit inca-pable de faire aucun bien.