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Tome premier.
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IIVRE IV, C H A P. VI.

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l’original de celles de Lacédémone ; et celles dePlaton en étoient la correction.

Je prie qu’on fasse un peu d’attention à l’éten-due de génie 11 qu’il fallut à ces législateurs pourvoir qu’en choquant tous les usages reçus, enconfondant toutes les vertus, ils montreroient àl’univers leur sagesse. Lycurgue, mêlant le larcinavec l’esprit de justice, le plus dur esclavage avecl’extrême liberté, les sentiments les plus atrocesavec la plus grande modération , donna de la stabi-lité à sa ville. Il sembla lui ôter toutes les res-sources, les arts, le commerce, l’argent, les mu-railles : on y a de l’ambition sans espérance d’êtremieux : on y a les sentiments naturels, et on n’yest ni enfant, ni mari, ni père : la pudeur mêmeest ôtée à la chasteté. C’est par ces chemins queSparte est menée à la grandeur et à la gloire ;mais avec une telle infaillibilité de ses institutions,qu’on n’obtenoit rien contre elle en gagnant desbatailles, si on ne parvenoit à lui ôter sa police 3 .

La Crète et la Laconie furent gouvernées parces lois. Lacédémone céda la dernière aux Ma-cédoniens , et la Crète b fut la dernière proie de»

a Philopoemen contraignit les Lacédémoniens d’abandonnetla manière de nourrir leurs enfants, sachant bien que, sans cela,ils auroient toujours une ame grande et le coeur haut. Plutarque,vie de Philopoemen. Voyez Tite-Live, liv. XXXVIII.

b Elle défendit pendant trois ans ses lois et sa liberté.Voyez les liv. XCVIII, XC1X et C de Tite-Live, dansl’épitome de Florus. Elle fit plus de résistance que les plusgrands rois.