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Tome premier.
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l5î DE I.’ Ê S P R I T DES J. O I S ,

On n’a jamais ouï dire que les rois n’aimassentpas la monarchie, et que les despotes haïssent ledespotisme.

Tout dépend donc d’établir dans la républiquecet amour 20 ; et c’est à l’inspirer que l’éducationdoit être attentive. Mais, pour que les enfantspuissent l’avoir, il y a un moyen sûr , c’est que lespères l’aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner àses enfants ses connoissances ; on l’est encore plusde leur donner ses passions.

Si cela n’airive pas, c’est que ce qui a été faitdans la maison paternelle est détruit par les im-pressions du dehors.

Ce n’est point le peuple naissant qui dégénère ;il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjàcorrompus,

CHAPITRE VI.

De quelques institutions des Grecs ,

Ï-JES anciens Grecs, pénétrés de la nécessité queles peuples qui vivoient sous un gouvernementpopulaire fussent élevés à la vertu, firent, pour1 inspirer , des institutions singulières 21 . Quandvous voyez , dans la vie de Lycurgue , les loisqu’il donna aux Lacédémoniens, vous croyez lire1 histoire des Sévarambes. Les lois de Crète étoient