LIVRE IV, CHAP. VIII. l5j
Il faut, comme on l’a dit, bannir l’argent 31dans ces institutions. Mais, dans ces grandes so-ciétés, le nombre, la variété, l’embarras, l’im-portance des affaires, la facilité des achats, la len-teur des échanges, demandent une mesure com-mune. Pour porter par-tout sa puissance, ou ladéfendre par-tout, il faut avoir ce à quoi les hom-mes ont attaché par-tout la puissance.
CHAPITRE VIII.
Explication d’un paradoxe des anciens par rapportaux moeurs.
P
X olybe , le judicieux Polybe j nous dit que lamusique étoit nécessaire pour adoucir les moeursdes Arcades 31 , qui habitoient un pays où l’airest triste et froid ; que ceux de C.ynéte , qui né-gligèrent la musique, surpassèrent en cruauté tousles Grecs, et qu’il n’y a point de ville où l’on aitvu tant de crimes. Platon ne craint point de direque l’on ne peut faire de changement dans lamusique qui n’en soit un dans la constitution del’état. Aristote , qui semble n’avoir fait sa Poli-tique que pour opposer ses sentiments à ceux dePlaton, est pourtant d’accord avec lui touchantla puissance de la musique sur les moeurs.
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