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Tome premier.
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158
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l58 DE l’esprit des lois,

Théophraste, Plutarque», Strabon 6 , tous lesanciens , ont pensé de même. Ce n’est point uneopinion jetée sans réflexion ; c’est un des principesde leur politique c . C’est ainsi qu’ils donnoientdes lois ; c’est ainsi qu’ils vouloient qu’on gou-vernât les cités.

Je crois que je pourrois expliquer ceci. Ilfaut se mettre dans l’esprit que, dans les villesgrecques , sur-tout celles qui avoient pour princi-pal objet la guerre , tous les travaux et toutes lesprofessions qui pouvoient conduire à gagner del’argent étoient regardés comme indignes d’unhomme libre. „ La plupart des arts, dit Xéno-phon d ,” corrompent le corps de ceux qui les„ exercent ; ils obligent de s’asseoir à l’ombre ou„ près du feu : on n’a de temps ni pour ses amis,„ ni pour la république”. Ce ne fut que dansla corruption de quelques démocraties que les ar-tisans parvinrent à être citoyens. C’est ce qu’Aris-tote e nous apprend ; et il soutient qu’une bonne ré-publique 33 ne leur donnera jamais le droit de cité f.

a Vie de Pélopidas.

b Liv. I.

c Platon, liv. IV des Lois , dit que les préfectures de lamusique et de la gymnastique sont les plus importants emploisde la cité. Et, dans sa République, liv. III „ Damon vous dira,dit-il,” quels sont les sons capables de faire naître la bassesse„ de l'ame, insolence, et les vertus contraires.”

cl Dits mémorables.

e Politique , liv. III, chap. IV.

f Diophant, dit Aristote, Politique , chap. VII, établitautrefois à Athènes que les artisans seroient esclaves du public.