LIVRE IV, CHAR. VIII. l6l
sentir le pouvoir que la musique a sur nosâmes.
Si à la société dont j’ai parlé on ne donnoitqne des tambours et des airs de trompettes, n’est-il pas vrai que l'on parviendrait moins à son but,que si l’on donnoit une musique tendre ? Les an-ciens avoient donc raison , lorsque , dans certainescirconstances, ils préféraient pour les moeurs unmode à un autre.
Mais , dira-t-on , pourquoi choisir la musiquepar préférence ? C’est que de tous les plaisirs dessens il n’y en a aucun qui corrompe moins l’ame.Nous rougissons de lire dans Plutarque 3 que lesThébains, pour adoucir les moeurs de leurs j eunesgens, établirent par les lois un amour qui devraitêtre proscrit par toutes les nations du monde.
Vie de Péîopiilas.