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Tome premier.
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I bo DE L’ E S P K I T DES LOIS,

L’institution ne leur en donnoit point d’autres.

II faut donc regarderies Grecs comme une sociétéd’athlètes et de combattants. Or, ces exercices,si propres à faire des gens durs et sauvages a ,avoient besoin d’être tempérés par d’autres quipussent adoucir les moeurs. La musique 36 , quitient à l’esprit par les organes du corps, étoit très-propre à cela. C’est un milieu entre les exercicesdu corps qui rendent les hommes durs , et lessciences de spéculation qui les rendent sauvages 37 .On ne peut pas dire que la musique inspirât lavertu ; cela seroit inconcevable : mais elle enipê-choit l’effet de la férocité de l’institution, et faisoitque l’ame avoit dans l’éducation une part qu’ellen’y auroit point eue.

Je suppose qu’il y ait parmi nous une sociétéde gens si passionnés pour la chasse qu’ils s’enoccupassent uniquement ; il est sûr qu’ils en con-tracteroient une certaine rudesse. Si ces mêmesgens venoient à prendre encore du goût pour lamusique, on trouveroit bientôt de la différencedans leurs manières et dans leurs moeurs. Enfin le»exercices des Grecs n’excitoient en eux qu’un genrede passions ; la rudesse, la colère, la cruauté,La musique les excite toutes , et peut faire sentirà l’ame la douceur, la pitié, la tendresse, le douxplaisir. Nos auteurs de morale, qui parmi nousproscrivent si fort les théâtres, nous font assez

a Aristote dit que les enfants des Lacédémoniens, qui com-menqoient ces exercices dès l’âge le plus tendre , en contractaienttrop de férocité, Politique, liv. VIII, ehap. IV.