LIVRE V,
C H A P. VI.
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telle médiocrité, qu’il ait besoin de son travailpour conserver ou pour acquérir.
C’est une très-bonne loi, dans une républiquecommerçante, que celle qui donne à tous les en-fants une portion égale dans la succession despères 18 . Il se trouve par-là que, quelque for-tune que le père ait faite, ses enfants, toujoursmoins riches que lui, sont portés à fuir le luxeet à travailler comme lui. Je ne parle que des ré-publiques commerçantes 19 ; car, pour celles qui11e le sont pas., le législateur a bien d'autres régle-ments à faire 2 .
Il y avoit dans la Grèce deux sortes de répu-bliques : les unes étoient militaires, comme Lacé-démone ; d’autres étoient commerçantes, commeAthènes. Dans les unes on vouloit que les citoyensfussent oisifs ; dans les autres 011 cherchoit à don-ner de l’amour pour le travail. Solon fit uncrime de l’oisiveté, et voulut que chaque citoyenrendît compte de la manière dont il gagnoit savie 21 . En effet , dans une bonne démocratie,où l’on ne doit dépenser que pour le nécessaire,chacun doit l’avoir ; car de qui le recevroit-on ?
a On y doit borner beaucoup les dots des femmes 10 .